Le 21 juin à Paris, TEAM Henri-Fabre, en collaboration avec CIRTES, a lancé un projet qualifié de « révolutionnaire », regroupant 9 donneurs d’ordre industriels. Intitulée « Maintenance rapide et supply chain agile », cette action collective transversale à sept secteurs industriels* va explorer de nouveaux procédés et technologies pour la fabrication rapide de pièces mécaniques dédiées à la réparation d’équipements ou de moyens industriels.

« On parle beaucoup de fabrication additive pour des pièces neuves, moins pour de la maintenance. Pourtant ce secteur nous semble porter des perspectives intéressantes pour le tissu industriel français : le besoin d’acteurs locaux capables de produire ou réparer des pièces de maintenance rapidement avec des méthodes robustes existe. Cela sera d’autant plus vrai que nous saurons fédérer les besoins de grands donneurs d’ordres », déclarait début 2018 Louis-Romain Joly, chef de projet Innovation et Recherche, dans l’équipe Systèmes Mécaniques et Interactions de la SNCF. Il tirait le bilan de deux projets complémentaires. Le premier est une expérimentation menée à bien sur une série de pièces de rechange de trains, réalisée avec le Centre européen de développement rapide de produits (CIRTES), spécialisé dans la R&D en fabrication additive et les procédés d’usinage avancé sur le pôle VirtuReaL à Saint-Dié-des-Vosges. Le second, un projet collaboratif, conduit dans le cadre de TEAM Henri Fabre sur la plate-forme d’Inovsys, visant à caractériser le potentiel de la technologie de fabrication additive par fusion de lit de poudre pour réaliser des pièces mécaniques en inox 316L.

Avant de généraliser la démarche

Le 21 juin à Paris, lors des Assises Européennes du Prototypage Rapide, Louis-Romain Joly a pu se réjouir publiquement du prolongement de cette initiative pionnière : TEAM Henri Fabre a mis en musique les attentes de neuf industriels, ADF, Airbus Helicopters, ArcelorMittal, EDF, Naval group, Orano, Renault, SNCF et Total pour lancer le projet collaboratif « Maintenance rapide et supply-chain agile ». L’ingénieur a témoigné de l’intérêt de cette action collective aux côtés de Philippe Trouillet, directeur opérationnel Mécanique Matériaux Procédés de TEAM Henri Fabre, et de David di Giuseppe, responsable valorisation du CIRTES.

« L’étude menée par la SNCF et le CIRTES a permis de démontrer la faisabilité, pour quelques cas d’application, à produire rapidement des pièces métalliques similaires aux pièces d’origine. Cette démarche doit permettre de réduire à la fois les stocks de pièces de rechange et les durées d’immobilisation des équipements lorsqu’une pièce de rechange n’est pas disponible » expliqueDavid di Giuseppe. Avant de pouvoir généraliser la démarche, « de lourds travaux de mise au point des procédés de fabrication rapide, de qualification puis d’industrialisation de ces procédés doivent être réalisés et un industriel ne peut seul conduire un tel projet en raison de son coût et du nombre croissant de technologies de fabrication qui émergent ». La donne change si plusieurs acteurs unissent leurs forces. « Depuis huit mois, TEAM Henri-Fabre s’est donc évertué à convaincre et rassembler d’autres industriels en privilégiant une approche transversale aux différents secteurs » reprend Philippe Trouillet.

200 pièces critiques analysées

Sur l’année qui vient, TEAM Henri-Fabre, le CIRTES et les neuf donneurs d’ordre vont analyser environ 200 pièces cibles pour lesquelles divers procédés de fabrication rapide pourraient s’avérer pertinents.  L’objectif est d’identifier ceux qui pourraient répondre à 80 % à 90% des besoins de ces industriels pour en lancer le développement et la qualification dans une deuxième phase du projet.

Les besoins d’approvisionnements urgents en pièces de rechange s’accomodent aujourd’hui mal des organisations de production orientées vers la fabrication en série. Malgré les efforts consentis, les délais de production restent souvent longs. Mais chaque jour d’indisponibilité peut coûter extrêmement cher. Alors pour éviter l’attente, tous les industriels disposent de stocks importants de composants de rechange, au prix d’une importante immobilisation financière. La fabrication rapide grâce au numérique accroîtra la réactivité

« La démarche va modifier radicalement les méthodes de maintenance, insiste Philippe Trouillet. Dans sa deuxième phase, d’ici un an, le projet visera en effet à mettre au point, qualifier puis progressivement pré-industrialiser les procédés de fabrication rapide qui auront été jugés les plus pertinents ». Pour structurer cette filière de fabrication rapide, TEAM Henri Fabre solliciteront l’appui des pouvoirs publics au travers, par exemple, des « Investissements d’Avenir » (PIA).

La troisième phase portera sur l’industrialisation de ces procédés de fabrication rapide. « Elle se basera sur des réseaux de sous-traitants spécialisés maîtrisant certains de ces procédés ou bien sur des plateformes de fabrication rapide intégrées. La mutualisation des volumes de commandes de pièces de rechange pour différentes industries participera à la viabilisation et la compétitivité de ces activités ».

Le CIRTES et Inovsys aidera à détecter les acteurs industriels, en particulier les PME (fabricants de pièces imprimées 3D, fondeurs, usineurs, spécialistes en traitement de surface, etc…) appelés à rejoindre ce réseau spécialisé de mécanique d’urgence, avec la volonté de progressivement l’accompagner pour réaliser des pièces de plus en plus critiques. « L’ambition est claire : faire de la mécanique d’urgence la nouvelle filière industrielle d’excellence en France et en particulier en Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur et Grand Est », appuie le directeur opérationnel de TEAM Henri-Fabre.

— Eric Collomb —

*Aéronautique, ferroviaire, automobile, nucléaire, électricité, oil & gas, sidérurgie

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Le 21 juin à Paris, TEAM Henri-Fabre, en collaboration avec CIRTES, a lancé un projet qualifié de « révolutionnaire », regroupant 9 donneurs d’ordre industriels. Intitulée « Maintenance rapide et supply chain agile », cette action collective transversale à sept secteurs industriels* va explorer de nouveaux procédés et technologies pour la fabrication rapide de pièces mécaniques dédiées à la réparation d’équipements ou de moyens industriels.

« On parle beaucoup de fabrication additive pour des pièces neuves, moins pour de la maintenance. Pourtant ce secteur nous semble porter des perspectives intéressantes pour le tissu industriel français : le besoin d’acteurs locaux capables de produire ou réparer des pièces de maintenance rapidement avec des méthodes robustes existe. Cela sera d’autant plus vrai que nous saurons fédérer les besoins de grands donneurs d’ordres », déclarait début 2018 Louis-Romain Joly, chef de projet Innovation et Recherche, dans l’équipe Systèmes Mécaniques et Interactions de la SNCF. Il tirait le bilan de deux projets complémentaires. Le premier est une expérimentation menée à bien sur une série de pièces de rechange de trains, réalisée avec le Centre européen de développement rapide de produits (CIRTES), spécialisé dans la R&D en fabrication additive et les procédés d’usinage avancé sur le pôle VirtuReaL à Saint-Dié-des-Vosges. Le second, un projet collaboratif, conduit dans le cadre de TEAM Henri Fabre sur la plate-forme d’Inovsys, visant à caractériser le potentiel de la technologie de fabrication additive par fusion de lit de poudre pour réaliser des pièces mécaniques en inox 316L.

Avant de généraliser la démarche

Le 21 juin à Paris, lors des Assises Européennes du Prototypage Rapide, Louis-Romain Joly a pu se réjouir publiquement du prolongement de cette initiative pionnière : TEAM Henri Fabre a mis en musique les attentes de neuf industriels, ADF, Airbus Helicopters, ArcelorMittal, EDF, Naval group, Orano, Renault, SNCF et Total pour lancer le projet collaboratif « Maintenance rapide et supply-chain agile ». L’ingénieur a témoigné de l’intérêt de cette action collective aux côtés de Philippe Trouillet, directeur opérationnel Mécanique Matériaux Procédés de TEAM Henri Fabre, et de David di Giuseppe, responsable valorisation du CIRTES.

« L’étude menée par la SNCF et le CIRTES a permis de démontrer la faisabilité, pour quelques cas d’application, à produire rapidement des pièces métalliques similaires aux pièces d’origine. Cette démarche doit permettre de réduire à la fois les stocks de pièces de rechange et les durées d’immobilisation des équipements lorsqu’une pièce de rechange n’est pas disponible » expliqueDavid di Giuseppe. Avant de pouvoir généraliser la démarche, « de lourds travaux de mise au point des procédés de fabrication rapide, de qualification puis d’industrialisation de ces procédés doivent être réalisés et un industriel ne peut seul conduire un tel projet en raison de son coût et du nombre croissant de technologies de fabrication qui émergent ». La donne change si plusieurs acteurs unissent leurs forces. « Depuis huit mois, TEAM Henri-Fabre s’est donc évertué à convaincre et rassembler d’autres industriels en privilégiant une approche transversale aux différents secteurs » reprend Philippe Trouillet.

200 pièces critiques analysées

Sur l’année qui vient, TEAM Henri-Fabre, le CIRTES et les neuf donneurs d’ordre vont analyser environ 200 pièces cibles pour lesquelles divers procédés de fabrication rapide pourraient s’avérer pertinents.  L’objectif est d’identifier ceux qui pourraient répondre à 80 % à 90% des besoins de ces industriels pour en lancer le développement et la qualification dans une deuxième phase du projet.

Les besoins d’approvisionnements urgents en pièces de rechange s’accomodent aujourd’hui mal des organisations de production orientées vers la fabrication en série. Malgré les efforts consentis, les délais de production restent souvent longs. Mais chaque jour d’indisponibilité peut coûter extrêmement cher. Alors pour éviter l’attente, tous les industriels disposent de stocks importants de composants de rechange, au prix d’une importante immobilisation financière. La fabrication rapide grâce au numérique accroîtra la réactivité

« La démarche va modifier radicalement les méthodes de maintenance, insiste Philippe Trouillet. Dans sa deuxième phase, d’ici un an, le projet visera en effet à mettre au point, qualifier puis progressivement pré-industrialiser les procédés de fabrication rapide qui auront été jugés les plus pertinents ». Pour structurer cette filière de fabrication rapide, TEAM Henri Fabre solliciteront l’appui des pouvoirs publics au travers, par exemple, des « Investissements d’Avenir » (PIA).

La troisième phase portera sur l’industrialisation de ces procédés de fabrication rapide. « Elle se basera sur des réseaux de sous-traitants spécialisés maîtrisant certains de ces procédés ou bien sur des plateformes de fabrication rapide intégrées. La mutualisation des volumes de commandes de pièces de rechange pour différentes industries participera à la viabilisation et la compétitivité de ces activités ».

Le CIRTES et Inovsys aidera à détecter les acteurs industriels, en particulier les PME (fabricants de pièces imprimées 3D, fondeurs, usineurs, spécialistes en traitement de surface, etc…) appelés à rejoindre ce réseau spécialisé de mécanique d’urgence, avec la volonté de progressivement l’accompagner pour réaliser des pièces de plus en plus critiques. « L’ambition est claire : faire de la mécanique d’urgence la nouvelle filière industrielle d’excellence en France et en particulier en Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur et Grand Est », appuie le directeur opérationnel de TEAM Henri-Fabre.

— Eric Collomb —

*Aéronautique, ferroviaire, automobile, nucléaire, électricité, oil & gas, sidérurgie

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