Retour sur l’inauguration de la commission Industrie 4.0 de Medinsoft

Retour sur l’inauguration de la commission Industrie 4.0 de Medinsoft – Entretien avec Aurore Pasquier-Korb, vice-présidente

Medinsoft est un cluster de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur dédié à la transformation digitale. La commission Industrie 4.0 est présidée par Sylvain GRAS (TEAM Henri-Fabre) – voir notre Newsletter #16.

L’objectif de cette commission est notamment de produire des solutions opérationnelles sur plusieurs thématiques liées à l’Industrie du Futur (IdFu).

Le premier groupe de travail a démarré au mois de juin dernier sur le thème de la maintenance prédictive et de la valorisation des « données non structurées » de l’entreprise.

Réunir intelligemment les grands Donneurs d’Ordre industriels et les offreurs de solutions : on ne change pas une méthode qui gagne !

La méthode portée par TEAM Henri-Fabre au sein de Medinsoft est celle qui a fait le succès des groupes de travail industriels.

Tout part donc de l’expression des besoins par les grands Donneurs d’Ordre industriels – qui tirent le marché – qui ont exprimé des priorités à très court terme notamment autour des sujets liés à la maintenance prédictive.

Dès l’automne, plusieurs offreurs de solutions seront mis en contact avec les Donneurs d’Ordre et pourront montrer leur savoir-faire sur le thème de la maintenance prédictive, pour répondre aux besoins exprimés et réaliser des tests in situ. Grâce à la commission, ils obtiennent une accréditation très rapide auprès des Donneurs d’Ordre, cela fait gagner un temps précieux à tout le monde !

Les tests menés sont rapides et très opérationnels, pour prendre des décisions et générer du ROI à court terme. Ainsi en décembre, nous saurons ce qui a fonctionné et pourrons alors planifier l’intégration réelle de ces solutions.

La maintenance prédictive, enjeu prioritaire pour 2021

Une récente étude a montré que la maintenance prédictive représentait un gisement d’économies de 800 MM$ !

Aujourd’hui, dès qu’une panne est constatée, les conséquences sont très coûteuses : trains à l’arrêt, chaînes de production interrompues, personnel inactif, livraisons retardées… et résultats financiers diminués ! La maintenance prédictive permet d’anticiper les pannes et réduire leur impact.

C’est donc un sujet crucial pour toute entreprise possédant des équipements industriels importants, et notamment celles disposant d’installation à régime de fonctionnement continu ou avec cyclages (traitement d’eau, machines hydrauliques, systèmes de pression, distribution d’air comprimé…).

Jusqu’à présent, les entreprises connaissaient la maintenance curative (intervenir après la panne) et préventive (changer la pièce à intervalle régulier pour éviter la panne). La maintenance prédictive consiste à utiliser les données pour anticiper avec une grande fiabilité et précision les défaillances de matériel, pour replacer les pièces usées au bon moment et au meilleur coût.

Que sont les « données non structurées » et qu’est-ce qu’elles représentent dans les entreprises ?

Il s’agit de tout un ensemble de données qui ne sont pas exploitées. Ces données sont volatiles, non utilisées, non entretenues… pourtant elles sont très importantes et représentent une valeur non négligeable !

Les PME ont maintenant conscience de cela, mais elles ne savent pas forcément comment les prendre en compte :  pour quelles raisons devraient-elles investir dans la captation, l’exploitation ou la sauvegarde de ces données ?

Le but de la commission, c’est aussi de sensibiliser les entreprises sur l’importance de ces données et de les aider à trouver des solutions pour les valoriser.

Le gisement de productivité situé dans les données non structurées est colossal, y compris dans des entreprises qui ont des moyens.

« Se balader avec des bordereaux papiers dans l’atelier, ce n’est plus possible aujourd’hui. »

Dans les TPE/PME, les dirigeants évaluent l’impact de ces données non structurées comme faible, et ils ont raison sur le principe. Mais dès lors que leur activité augmente, le fichier excel et le bordereau papier ne suffisent plus et on perd en précision. Les informations situées dans l’ERP, le logiciel comptable et l’atelier commencent à se désynchroniser, se découpler…

L’entreprise perd alors sa capacité à créer de l’amélioration continue, à interroger ses process, à gagner en productivité… les petits gaspillages quotidiens s’accumulent. Dans un contexte concurrentiel, les concurrents ayant structuré leurs données prennent alors un coup d’avance sur l’entreprise qui ne l’a pas encore fait, car elle obtient des gains de productivité.

 Et lorsque l’entreprise rencontre un sinistre ou perd un homme-clé de son dispositif, tous ces résultats stockés sur papier (plans, bordereaux de test, notes techniques, listes de bonnes pratiques…) ne sont plus exploitables. Donc structurer ses données, c’est indispensable et cela doit se prévoir dans le développement de chaque entreprise.

Que faire pour structurer ses données quand on est une PME ?

Les entreprises doivent même si elles sont petites ou jeunes, installer le réflexe de la structuration des données, à moindre coût.

La première étape sera simplement de numériser systématiquement et indexer les documents existants afin de les agréger et les organiser.

Puis, lorsque sa croissance nécessitera une structuration plus importante des données, l’entreprise devra réaliser un plan de transformation et un diagnostic (Parcours Sud Industrie est d’ailleurs un excellent outil pour cela) et planifier son changement de manière incrémentale, activité par activité, afin de ne pas gêner son fonctionnement quotidien.

Choisir ses logiciels, et notamment son ERP, c’est une grande aventure pour une PME. Il en existe de nombreux. L’important est de se dire que l’ERP doit évoluer en même temps que l’entreprise, et qu’il faut prévoir de changer de solution à chaque grande étape de développement. Le choix de l’ERP doit donc être fait en fonction des besoins à court et moyen termes de l’entreprise, en s’assurant de la transférabilité des données et de la facilité d’utilisation par les utilisateurs.

Comment la commission Industrie va-t-elle permettre aux PME industrielles de renforcer leur croissance ?

La commission, c’est d’abord un accès direct et sans fioritures à tous les acteurs. Elle rassemble des gens peu habitués des gros réseaux : indépendants, patrons de PME, dirigeants… tous manquent de temps et veulent que leurs réunions aient de l’impact. Or, la commission c’est un travail efficace qui propose des solutions à court terme.

Dans notre région particulièrement, qui est multi-filières et présente un environnement économique multi-polaire, il est essentiel que les grands industriels puissent s’appuyer sur un réseau de PME volontaires et innovantes. Elles ont à offrir leurs expertises et leur réactivité, et les Donneurs d’Ordre ont compris tout l’intérêt de s’appuyer sur ces talents-là.

Pourquoi une PME ou un offreur de solution devrait-il rejoindre la commission Industrie ou suivre ses travaux ?

Il s’agit de valoriser et promouvoir l’innovation partout où c’est possible, car c’est la voie de la croissance.

Innover, ce n’est pas « prendre un risque ». C’est plutôt, comme les anglo-saxons le disent, « take a chance ». Ne pas prendre le virage de l’innovation est le véritable risque.

Pour contacter la commission, il suffit d’envoyer un mail sur accueil@team-henri-fabre.com. Vous serez mis en contact avec le chef de projet : intégrer le groupe de travail est totalement gratuit !