Pour la TEAM, ce printemps, c’est l’accélération industrielle !

A quelques semaines d’un déconfinement que nous espérons le dernier, nous allons entrer dans une phase d’accélération. N’oublions pas que le choc économique n’a pas été dû à un effondrement de la demande, mais à un choc exogène. C’est pour cela que nous connaissons des à-coups, et je suis confiant pour la suite.

Dès le déconfinement les besoins vont revenir ! Nous étions dans une phase de croissance industrielle avant la crise, et à chaque déconfinement l’industrie a accéléré pour rattraper le retard. C’est une opportunité pour toutes les PME, avec les plans de relance, de lancer leurs projets et aller vers l’Industrie du Futur !


Accélérer le déploiement de l’Industrie du Futur : le projet PRACCIS sur la bonne voie !

PRACCIIS est la future plateforme d’accélération industrielle dans la région Sud, dont nous attendons la validation finale par les services de l’Etat pour le mois de juin.
Elle permettra aux PME de bénéficier d’une sensibilisation aux méthodes et technologies de l’industrie 4.0, de les tester via des démonstrateurs ou sur leur propre site. Un accompagnement sera disponible de A à Z pour aider chaque PME industrielle à développer son activité, trouver de nouveaux marchés, dégager une meilleure rentabilité, dans le respect du développement durable, grâce à l’Industrie du Futur.

La crise a donné un coup de fouet aux industriels : on sent bien un besoin nouveau des PME de réagir post-covid. On sent une volonté de sortir de pratiques parfois artisanales, une prise de conscience de l’enjeu de compétitivité, d’aller chercher du volume, de capter les opportunités et consolider leur activité.

Pour les PME qui sont sur des marchés en croissance, il faut accélérer et devenir plus efficient pour capter les opportunités.
D’autres PME se sont rendues compte qu’elles n’étaient pas suffisamment armées et qu’elles devaient consolider leur activité. Pour certaines, qui sont sur des marchés de niche à forte marge, il faut prendre conscience que cela ne durera pas et qu’il faut s’organiser !
Tout l’intérêt de PRACCIS sera de pouvoir toucher du doigt et tester ce que les technologies ou méthodes avancées peuvent leur apporter en termes de chiffre d’affaires, de productivité, d’automatisation… et voir comment cela peut leur être accessible.
Cela m’étonne toujours d’entendre des industriels dire « L’industrie du futur, ce n’est pas pour moi, dans mon secteur cela ne s’applique pas » ou encore, « je ne vois pas comment je pourrais entrer dans l’industrie du futur, avec mon activité ». J’ai mille exemples qui prouvent le contraire : l’Industrie 4.0 vient booster le chiffre d’affaires et la rentabilité dans des secteurs très classiques et anciens, comme dans les nouveaux. 

Il est temps de montrer aux patrons de PME qu’il y a des opportunités pour chaque métier : l’Industrie du Futur n’est pas hors sol ! Elle est tout autant reliée aux équipes de production qu’au développement du business de l’entreprise.

Je suis vraiment content que TEAM ait pu porter et faire émerger ce projet PRACCIS, car c’était ce qui nous manquait jusqu’à présent pour accélérer le développement des PME industrielles : le volet sensibilisation et test, pour que chacun voie tout ce qu’il a à gagner avec l’Industrie 4.0.

Parlons maintenant du projet Arqane : que pensez-vous apporter à la filière nucléaire en termes d’innovation, tout en vous conformant à l’exigente réglementation de la filière ?

Les industriels du nucléaire prennent l’innovation très au sérieux, et l’action de Nuclear Valley, pôle de compétitivité de la filière, en est une bonne démonstration. La réglementation nucléaire est très stricte, à la hauteur des risques industriels à maitriser. Notre apport réside dans notre modèle d’action : fédérer les acteurs et proposer une approche collaborative de résolution des problèmes.

Dans le cas d’ARQANE, il s’agit de proposer une démarche permettant l’accélération de la diffusion des procédés de fabrication additive au service du secteur nucléaire. Cette diffusion passe nécessairement par un effort sur la démonstration de faisabilité sur des cas d’usage complexes et typiques de la filière, et par d’importants efforts de soutien à la qualification des procédés, ce dernier point portant précisément l’enjeu réglementaire. Or aujourd’hui, ces procédés ne sont pas facilement certifiables, car les codes (sortes de norme réglementaire) ne les intègre pas encore.
Notre proposition, et le défis que tous les participants au montage de ce projet ont relevés, est précisément de proposer un projet permettant d’unir toutes les forces du secteur, malgré la diversité des cas d’usage, dans le but de profiter à tous.

TEAM a donc aidé ces grandes entreprises à se mobiliser afin de croiser leurs besoins, pour structurer des travaux collaboratifs : EDF, Orano, Framatome, Naval Group, Technicatome et le CEA, sur deux technologies : la fusion sur lit de poudre (LPBF) et la fabrication additive par soudure (WAM). 

Le nucléaire est un secteur très règlementé. Même si l’innovation apporte des pistes de solution pour la relocalisation des emplois et l’amélioration de la sûreté des installations, elle doit aussi relever le défi de la certification.

Le cœur du projet était de définir et maîtriser la reproductibilité de ces procédés, garantir la qualité des fabrications, puis de travailler sur des pièces réelles et de pouvoir les tester– y compris jusqu’à des tests d’irradiation.

TEAM est le chef d’orchestre du projet, avec le soutien actif du pôle Nuclear Valley, garant de l’ancrage filière nucléaire. C’est vraiment notre capacité à monter un projet complexe et animer des groupes de travail multi-entreprises qui a été déterminante.

Nous avons fait la démonstration de la valeur de TEAM Henri-Fabre, en alliant la légitimité technique et le montage de projets collaboratifs complexes en contexte concurrentiel.

L’une des grandes questions est « comment introduire de l’innovation tout en garantissant un haut niveau de qualité ? »
A chaque fois que l’on qualifie de nouvelles pièces, le coût est important et cela peut freiner l’innovation, quelque part : il faut donc pouvoir démontrer des gains en face des coûts de qualification. Et selon les secteurs, ce n’est pas toujours réalisable !

Et c’est là que le côté collaboratif est intervenu dans Arqane. Aucun industriel n’aurait pu développer ce projet seul : ici le coût de la qualification du nouveau procédé est amorti à plusieurs ; A terme, Arqane sera un gage de qualité et de sûreté et il sera plus facile de convaincre de son intérêt.

Dans le nucléaire, les enjeux sont comme partout dans l’industrie : diminuer les délais de fabrication et réduire les coûts. Et partout où l’on a ces enjeux, l’impression 3D peut être une réponse, surtout quand on est sur de petites séries . Dans le médical, où l’on a de la conception à la pièce, elle s’impose de plus en plus comme le standard !

A terme, l’impression 3D va changer la façon de gérer les approvisionnements et la supply chain, à l’heure où on s’interroge sur les problèmes liés à la spécialisation internationale.

Nous aurons probablement, des systèmes de fabrication locaux sur chaque continent, et des stocks de fichiers numériques. On les enverra avec un droit à produire, sécurisé par blockchain, et on ne verra plus de fabricants uniques qui produisent une pièce critique pour le monde entier.

Mais on a encore beaucoup de travail à faire, sur la maturité des moyens (machines d’impression 3D) comme des prestataires. Le marché est en pleine innovation, les technologies ne sont pas stabilisées, et c’est encore un frein au déploiement. Mais pour moi, on y arrivera… et pour la France, ce sera sûrement bénéfique.

Stéphane MAGANA

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